Piétonnier de Bruxelles

Alors ça y est, vendredi soir, quand j’ai roulé sur les boulevards, c’était la dernière fois.
Bon, je ne vais pas me lancer dans une critique de ce piétonnier sur le plan des principes, mais plutôt sur la forme. Et là je voudrais me concentrer sur les trucs qui me semblent le plus bizarre: la mise en piétonnier de la place Fontainas, et l’étrange sort de la rue Van Artevelde.
Le piétonnier de la place Fontainas

Le piétonnier de la place Fontainas : un ilot !

Voici le piétonnier de la place Fontainas, en mauve, tel qu’il apparait sur le site de la ville.

J’ai du mal à comprendre ce morceau de piétonnier séparé du reste du piétonnier par le boulevard Anspach encore roulant dans la direction midi (après Fontainas, le boulevard devient Lemonnier).

En fait, le piétonnier de la place Fontainas n’est pas relié du tout au reste du piétonnier.

Second élément bizarre, la rue Van Artevelde, qui a été mise à sens unique dans les deux sens. J’explique: d’abord depuis la porte d’Anderlecht jusqu’au croisement avec la rue des 6 Jetons, la rue d’Anderlecht puis la rue Van Artevelde sont à sens unique vers la ville. Par contre, là, celui qui roule vers la ville rencontre un sens interdit, parce que la même rue van Artevelde est, sur ce tronçon, à sens unique vers l’extérieur de la ville. Et il en est ainsi jusqu’au parking 58 sur sa continuation (rue de la Vierge Noire, rue de Laeken).

Voyons comment ces deux problèmes sont liés, et comment ils vont provoquer l’arrivée dans un goulot d’étranglement de ceux qui veulent rejoindre l’ouest de Bruxelles (Midi, Anderlecht, etc) à partir du centre et de ceux qui veulent aller vers le centre. Bref, un beau foutoir en perspective.
La place Fontainas comme goulet d'étranglement

La place Fontainas comme goulet d’étranglement

Si vous voulez quitter le centre vers le midi vous avez grosso modo le choix entre deux trajets.

C’est donc: soit rue Fossé au Loups, traverser le boulevard, rue des Augustins, prendre à gauche rue de Laeken (Parking 58) puis tout droit, rue de la rue de la Vierge Noire et rue Van Artevelde, jusqu’à ce que vous soyez coincé quand la rue Van Artevelde devient sens unique DANS L’AUTRE SENS ! Que vous alliez vers l’extérieur ou vers l’intérieur, vous devrez alors prendre la rue des 6 Jetons soit vers le boulevard Lemonnier, soit vers l’extérieur.

Prendre la rue des 6 Jetons vers l’extérieur vous amène vers de minuscules rues, avec une seule échappatoire qui vous amène au boulevard de l’Abattoir aux environs de la porte de Ninove. Pas terrible.

Reste donc, pour tout le monde, la rue des 6 Jetons vers le boulevard Lemonnier, pour rejoindre la place Fontainas dont vous ferez le tour pour rejoindre le boulevard Lemonnier soit pour aller vers le midi soit pour remonter le rue des Bogards puis la rue des Alexiens vers le Boulevard de l’Empereur (soit dit en passant, vous vouliez aller au centre, vous vous retrouvez boulevard de l’Empereur, pas fameux non plus pour un plan de circulation censé décourager le trafic de transit!).

Autre solution pour ceux qui veulent sortir de Bruxelles, descendre par la rue du Lombard et la rue des Teinturiers (plus possible de prendre la rue du Midi à gauche), vous arrivez donc au Bd Anspach que vous prenez à gauche (à droite, vers De Brouckère, c’est fermé, à gauche, une bande dans le sens midi) ce qui vous amène place Fontainas, fermée et piétonne, que vous devez donc contourner, mais en laissant passer ceux qui arrivent de la rue des 6 Jetons.

Bref, l’essentiel du trafic pour le midi et de ceux qui cherchent à se rendre au centre va se retrouver place Fontainas, sur une minuscule rue. J’y ai vu un bus qui manœuvrait très difficilement aujourd’hui.

 

Il y a dans ce plan pas mal de bêtises, mais celle-là a le pompon pour moi, et je prédis un cauchemar dans ce secteur.S’il y a une chose à supprimer dans ce plan, c’est donc la mise de la place Fontainas en piétonnier et la mise de la rue Van Artevelde à sens unique contradictoire.

Trop de chats à Lasne?

ChatAlors ça y est, la seconde phase est lancée, depuis le 1er septembre 2014, même les particuliers ne peuvent plus même donner un chat sans le stériliser, lui faire mettre une puce et l’enregistrer.

Soit dit en passant, on a beau vous parler de loi, il s’agit d’un arrêté royal : AR du 3 août 2012 (publié au Moniteur le 28 août) relatif au plan pluriannuel de stérilisation des chats domestiques.

Alors bon, je ne suis pas le seul à critiquer cette réglementation, mais il faut que je vous dise, je suis juriste de formation, et je n’ai jamais, JAMAIS, vu une réglementation aussi débile.

Quel que soit le sens dans lequel on l’examine, cet arrêté royal ne tient pas une seconde la route.

D’abord, impossible de le respecter :on donne classiquement un chaton vers 6 à 8 semaines, un âge où il est impossible de le stériliser.

Ensuite, il semble clair que le citoyen qui souhaiterait respecter la réglementation choisira la voie la moins chère qui consistera à déposer les chatons dans un refuge.

Mais surtout je n’ai jamais entendu parler d’une réglementation qui, par sa nature même, a pour objectif de ne pas être respectée par tous. En effet, son respect aurait pour conséquence la disparition pure et simple de son objet, c-à-d les chats. En clair, si, cette réglementation est respectée, il n’y aura plus de chats à court terme. Voilà une réglementation qui n’a clairement pas pour objectif d’être respectée, juste qu’un pourcentage raisonnable de gens la respectent, avec peut-être quelques couillons qui se feront attraper.

Or, pondre une réglementation qui par sa nature même a pour objectif de ne pas être respectée par tous, c’est, littéralement, une hérésie juridique.

Ah, et si vous vous demandez ce que vous risquez, il faut se reporter à la loi du 14 août 1986 (relative à la protection et au bien-être des animaux) sur laquelle l’arrêté royal de 2012 est basé. D’après ses article 41 et 41bis, l’amende est de 52 à 500 euros, mais on peut recevoir une proposition de transaction de minimum 26 euros. Tenant compte des décimes additionnels cela ferait 156 euros minimum. Et les animaux peuvent être saisis.

La mort à la peine !

5954717390_une-salle-pour-injonction-letaleDennis McGuire, un salopard qui avait violé et assassiné une femme enceinte en 1989, a été exécuté hier dans un pénitencier de l’Ohio.

Comme les fabricants de la drogue précédemment utilisée ont arrêté d’en fournir pour les exécutions capitales, McGuire a été exécuté avec un nouveau cocktail de drogues qui n’avait pas encore vraiment fait ses preuves.

En fait, déjà utilisé une première fois, il n’avait pas semblé être aussi efficace, et les avocats de McGuire avaient essayé de faire arrêter l’exécution sur base de la souffrance supposée que le condamné pouvait subir, exposant que leur client allait mourir de suffocation causée par la paralysie.

C’était intelligent de leur part. Il faut en effet savoir que la peine de mort a connu un moratoire au États-Unis dans les années ’70: de 1967 à 1977, il n’y a pas eu d’exécution capitale aux États-Unis, et en 1972, la Cour Suprême avait estimé que la peine de mort, telle qu’elle était appliquée dans les états de l’union, était un un châtiment cruel et inhabituel.

En 1976, la Cour Suprême valida à nouveau la peine de mort, notamment parce que les états concernés avaient revu les conditions d’application de celle-ci. C’est l’époque où les exécutions par injection létale sont apparues, méthode sensée être “plus humaine”.

Or voilà que McGuire a agonisé pendant 15 à 20 minutes ! Un juge fédéral avait rejeté le recours de ses avocats en jugeant que la preuve n’avait pas été faite que McGuire courait un risque substantiel d’expérimenter une souffrance sévère. Il se pourrait bien que sa mort change quelque peu les choses !

Immunothérapie

Une Cour d’Assises

Et donc nous avons d’un côté Bernard Wesphael, accusé du meurtre de son épouse et de l’autre côté Laurent Louis, accusé de recel de pièces d’un dossier judiciaire et de calomnie.

Le cas Wesphael commence de la façon suivnte: le jeudi 31 octobre, Wesphael est à Oostende avec son épouse, Véronique Pirotton. Après une soirée arrosée, ils rejoignent leur chambre d’hotel. Plus tard, Wesphael appelle la réception paniqué: il vient de découvrir sa femme inconsciente. Les secours et la police arrivent. La mort de Véronique Pirotton est constatée. Ensuite ce n’est pas 100% clair, mais Bernard Wesphael est arrêté.

Petit souci, Wesphael est un parlementaire, et la Constitution belge, en son article 59, expose notamment que “Sauf le cas de flagrant délit, aucun membre de l’une ou de l’autre Chambre ne peut, pendant la durée de la session, en matière répressive, être renvoyé ou cité directement devant une cour ou un tribunal, ni être arrêté, qu’avec l’autorisation de la Chambre dont il fait partie.

Pour faire simple, le principe de base est qu’un parlementaire jouit d’une immunité pendant la durée de son mandat. Toute poursuite, pendant cette période, ne peut se faire qu’avec l’accord de la Chambre concernée, sauf en cas de flagrant délit.

L’exception est cohérente avec le principe: outre la protection du travail parlementaire en général,  l’idée générale est notamment de protéger un parlementaire contre une machination ou un complot qui le viserait. Dès lors l’exception de flagrant délit se conçoit: quand on est pris “sur le fait”, pas question de machination en principe.

Or, pendant plusieurs jours la question était là: y avait-il ou non flagrant délit?

Concernant le concept de flagrant délit, les définitions qu’on peut trouver vont dans le même sens: Il y a flagrant délit quand une personne est prise sur le fait au moment de son infraction ou immédiatement après si elle est poursuivie par la clameur publique ou si elle est trouvée en possession d’indices (armes, papiers, instruments) montrant sa participation à cette infraction.

Et c’est bien là que le bât blessait ! Flagrant délit? Pour autant qu’on sache, au moment de l’arrestation de Wesphael, le délit n’était pas évident, et si délit il y avait eu, il ne semblait pas qu’on se soit trouvé dans un des cas du délit flagrant !

En tout cas le dossier a fini par atterrir sur le bureau des Chambres concernées.

Et là il faut bien dire que la situation était plutôt curieuse, puisque d’une part, on avait ce qui semblait bien être une arrestation qui avait été irrégulière au moment où cette décision a été prise, mais d’autre part un dossier qui avait évolué et permettait au parquet de demander une levée d’immunité.

Le Parlement wallon aurait pu se contenter de lever l’immunité parlementaire de Wesphael et de laisser la justice se débrouiller avec la question de l’arrestation initiale peut-être irrégulière.

Pourtant le parlement a été plus loin. Il s’est basé sur un article du procureur général Hayoit de Termicourt pour estimer qu’il y avait bien eu flagrant délit. Cet article expose une sorte de test en quatre questions, dont le plus essentiel est de savoir si le fait avait été vu ou entendu par un témoin ou constaté immédiatement par un agent de police judiciaire.

Pas besoin d’être un grand juriste pour voir le problème manifeste que pose cet avis: au moment de son arrestation, les autorités judiciaires avaient, au mieux, de très lourds soupçons sur le fait qu’un délit ou crime avait été commis, mais personne n’a “constaté” la commission de cet acte. Cet avis remplace donc de facto la notion de flagrant délit par une notion du genre: quand on soupçonne très fort qu’un  délit a été commis et qu’on soupçonne très fort une personne de l’avoir commis.

J’ignore pourquoi la Chambre s’est crue obligée de faire cela, alors qu’elle pouvait simplement valider les poursuite et lever l’immunité, mais je crains que cette question ne soit pas vidée. Elle sera certainement encore traitée plus tard, devant les tribunaux, avec la possible mise à néant de certains actes d’instruction.

Mais en tout cas, si on laisse de côté la question délicate de l’arrestation initiale, il ne fait pas de doute que la levée d’immunité de Wesphael devait arriver.

Tout autre est le cas de Laurent Louis.

Comme on le sait, Laurent Louis est un curieux personnage qui est toujours en train de dénoncer des trucs. Un moment il a voulu dénoncer le complot pédophile, ce qu’il a cru pouvoir faire en rendant publiques des pièces du dossier Dutroux (notamment des photos de l’autopsie des petites filles). Il y a aussi un dossier de calomnie vis-à-vis d’un journaliste du Soir, et donc, demande de levée de son immunité.

On peut trouver Laurent Louis grotesque mais il a décidé de la forme qu’il voulait donner à son combat politique. Et c’est dans le cadre de ce combat politique bizarre qu’il a commis ces délits.

Dès lors dans son cas, mon opinion est simple: son immunité ne devrait pas être levée.En 2014, l’électeur aura l’occasion de lui faire savoir ce qu’il pense de ses méthodes et Louis perdra sa belle immunité. Il sera toujours temps alors de lui faire connaitre le prix de la liberté d’expression, à savoir la responsabilité.

Le phantasme du gitan voleur d’enfants

Famille rom, Croatie, 1941 (Commons)

C’était un contrôle de routine dans ce camp de roms, ce 18 octobre, près de Pharsale dans le centre de la Grèce : la police cherchait de la drogue et des armes, mais est interpellée par la présence de cette petite fille blonde aux yeux clairs et par le peu de ressemblance entre elle et ses parents. Ces derniers, un homme de 39 ans et une femme de 40, se perdent un peu dans leurs explications, il faut dire qu’ils ont déclaré beaucoup d’enfants. Ils finissent par dire que l’enfant leur a été confiée par la mère biologique incapable de l’élever. Un test ADN confirme l’absence de lien familial, et c’est là que l’enfer se déchaine.

Dès le 19 octobre, on envisage un trafic d’enfants. Atlantico ne se pose même pas de question: c’est certain, la fillette devait être vendue et en fait, les parents la gardaient pour la vendre en mariage dès ses 12 ans ! Dans le délire raciste, Atlantico fait très fort, puisque pour eux, c’est certain, “son physique – blonde aux yeux bleus – peu commun chez les Roms aurait permis à ses “parents” de récupérer une jolie dot“.

Les medias du monde entier font leur Une sur l’ange blond dont on recherche les parents et certains parents d’enfants disparus croient reconnaitre leur enfant.

Une ONG a beau mettre en garde contre le stéréotype du rom voleur d’enfant, c’est trop tard: en Irlande, deux familles de roms sont brièvement privées de leurs enfants, que les autorités estiment trop différents de leurs parents, enfants qui sont rendus après expertise ADN.

Il faut que les vrais parents, des roms encore plus pauvres,  soient retrouvés pour que l’hystérie se calme et que l’ange blond disparaisse des nouvelles.

Gênés les medias? Sans doute un peu. Atlantico publie une analyse de la criminalisation des roms par une contributrice externe. L’analyse de Télé Moustique est assez dure, et devrait nous pousser à faire un peu d’introspection: comment pouvons nous gober de telles âneries racistes au 21eme siècle?

Lampedusa

 

Une embarcation de migrants aux alentours de Lampedusa (source: Commons)

Une embarcation de migrants aux alentours de Lampedusa (source: Commons)

Lampedusa, un nom qui jusque récemment, évoquait en moi avant tout Giuseppe Tomasi di Lampedusa, l’auteur du Guépard, dont Visconti tira un film génial. Mais Lampedusa est aussi une idyllique petite île italienne située à 205 km de la Sicile et à 167,2 km de la Tunisie, 167 petits kilomètres qui sont sa malédiction.

Cela fait en effet des mois et des années que des immigrants provenant d’Afrique tentent désespérément d’atteindre l’Europe en l’atteignant par Lampedusa, et en crèvent. Leur naufrages sont devenus tellement communs qu’ils ne font plus les gros titres, au mieux une brève, comme ici, ici, ou encore .

C’est devenu tellement commun qu’il a fallu un drame terrible pour qu’on en reparle. Quand cette embarcation de 15 mètres de long transportant 500 personnes à bord est tombée en panne, quand certains passagers ont voulu faire un feu pour alerter les secours, et ont provoqué un drame dont l’ampleur reste, à l’heure où j’écris, inconnue: 300 mors? 350? En tout cas le record de 2011, avec environ 270 morts en une fois, est battu.

Je note cette réaction politique et voudrais élaborer à son sujet: : “la Belgique «doit accueillir plus de réfugiés», selon Isabelle Durant“.

Au-delà de ce qui est un évident impératif moral, cela fait un moment que se multiplient les exemples des absurdités auxquelles aboutit la politique d’immigration de notre pays et de l’Europe. Il suffit de considérer les cas apparus ces dernières semaines, on a eu droit au chef d’entreprise expulsé, puis au brave plombier renvoyé en Afghanistan.

C’est pour moi une évidence: nous devons rouvrir les frontières. Pas nécessairement comme le suggère Durant pour accueillir des réfugiés !  Surtout de la façon dont ça fonctionne ! On dirait que nos règles absurdes ont été créées pour que les gens détestent les réfugiés ! Ils ne peuvent pas travailler, donc on doit les nourrir et les blanchir gratuitement !

Mais tout ce que ces gens qui risquent leur peau pour rejoindre le paradis européen veulent c’est travailler ! Quitte à cirer nos godasses !

Alors changeons notre fusil d’épaule.  En Allemagne déjà les jobs payés avec un lance-pierre existent, laissons ces gens entrer en Europe, ils seront ravis, malheureusement, de prendre des jobs de misère pour des salaires de famine. Mais au moins ils arrêteront de crever à nos porte !

Et que l’Europe encadre l’opération, parce qu’on parle d’une véritable opération humanitaire, ici, avec par exemple des conditions d’hébergement minimales, et ceux qui ne trouvent pas un travail employés par les autorités pour des travaux d’utilité publique (on a des routes à reboucher en Belgique !).

Ça ne vous fait pas mal au ventre? Ça ne vous rend pas malade, cette situation ignoble? J’en ai marre que sous prétexte de légalité, et sous prétexte que nous ne puissions “accueillir toute la misère du monde“, nous regardions cette tragédie se dérouler à nos portes sans rien y faire.

OUVRONS NOS FRONTIÈRES ! J’en ai marre d’avoir l’impression d’être une sorte de châtelain bien gras dans une citadelle qu’il faudrait défendre contre des hordes d’affamés !

La tradition c’est la tradition !

Un baptême à Amsterdam dans les années ’60 (source: Commons)

Une étudiante de Liège tombe dans le coma suite à un bizutage. Boire 10 litres d’eau, cela peut provoquer notamment un œdème cérébral qui peut avoir de sérieuses conséquences: un étudiant californien, Matt Carrington, est mort en 2005 de complications suite à un rituel de bizutage qui impliquait de boire de grandes quantités d’eau. Dans le cas de Liège, la jeune étudiante est sortie du coma apparemment sans suite sérieuse pour sa santé, mais du coup, évidemment, revient le débat sur ce qu’il faut faire pour empêcher ces incidents.

Le décès de Matt Carrington a abouti à une loi qui interdit les bizutages, et le bizutage est un délit dans 44 états américains.  Il en est de même en France où le code pénal interdit “Le fait pour une personne, d’amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations, ou de réunions liées aux milieux scolaires et socio-éducatif“. En Arizona, la loi définit le bizutage comme “tout acte provoquant ou contribuant à créer un risque de blessure physique, de souffrance mentale ou d’humiliation“.

J’ai été baptisé, et je dois à la vérité de dire que mon baptême fut plutôt un moment amusant, mais qu’il y eut dedans certains éléments qui ressortent des définitions données ci-dessus. Mais je n’en suis pas mort, et j’ai longtemps été neutre à ce sujet, dans la mesure où certaines limites n’étaient pas dépassées.

Pourtant, à la réflexion, je pense que je suis à présent plutôt favorable si pas à une interdiction des initiations, en tout cas à une interdiction telle qu’elle existe en France.

Cela n’interdit pas une cérémonie de passage ou des activités. En France, par exemple, malgré des dérapages, on voit des intégrations se construire autour de jeux divers ou de déguisements.

Mais il me semblerait raisonnable de liquider des rites d’initiation toute cette bimbeloterie d’humiliations répétées d’année en année.

Pas d’huile de palme? Nous sommes sauvés et la planète avec!

Un bidon d’huile de palme

Il y a une sorte d’obsession autour de l’huile de palme en ce moment.

Honnêtement, ça me fait penser à une certaine époque où on nous expliquait que les nitrates c’était le mal, et que tout d’un coup on nous a vendu, un chouïa plus cher, des poudres à lessiver sans nitrate.

Et voilà donc qu’on semble découvrir que le gras c’est pas bon. Et qu’en plus c’est pas écolo. Double angle d’attaque donc.

Voyons ça de plus près !

Le gras c’est pas bon !

Non, sans rire, c’est vrai? Ça alors ! Qui s’en serait douté ?

Sérieusement: oui, les procédés industriels à travers lesquels l’huile de palme passe on pour conséquence l’apparition d’acide gras trans, une forme d’acide gras insaturé suspecté de pas mal de choses, notamment de causer des problèmes cardiovasculaires en cas de consommation importante.  Mais rien de bien extraordinaire donc. Faut faire gaffe, quoi, mais quasi comme à tout ce qui est gras.

C’est pas écolo/durable !

Greenpeace, qu’on ne peut décemment suspecter de collusion avec l’industrie agro-alimentaire s’est dit étonné par la force de la réaction. En fait disent-ils, leurs campagnes ont toujours été axées sur la déforestation et la protection des orangs-outans et n’évoquaient pas les aspects sanitaires.

L’angle nutritionnel n’a émergé vraiment qu’à partir de 2009, et seulement en France, quand certaines entreprises, notamment des distributeurs, ont compris qu’il y avait un intérêt commercial et en termes d’image à ne plus utiliser d’huile de palme dans leurs produits, explique Jérôme Frignet, de Greenpeace. C’était un dévoiement: nous n’avons jamais demandé que l’on boycotte l’huile de palme en général, mais seulement celle produite en ayant recours à la déforestation.

C’est donc clair, cet énervement au sujet de l’huile de palme sert d’écran de fumée à une grande distribution qui a trouvé, encore une fois, le truc  facile pour faire payer le bon peuple en y ajoutant un fumeux prétexte écologique, alors que la réalité c’est que le rejet de l’huile de palme remet en question le développement d’une agriculture durable de l’huile de palme (sans déforestation, etc).

Il est évidemment plus facile de se scandaliser au sujet de l’huile de palme qu’au sujet de choses dont la remise en cause pourrait vraiment déranger nos petites habitudes.

Au hasard, côté “durabilité”, vous voulez qu’on parle des perches du Nil qui sont importées d’Afrique, par exemple du lac Victoria où leur introduction a signifié la fin totale des espèces de poisson locales? Ou des fleurs importées par avion aussi d’Afrique? Et du côté santé, qui peut m’expliquer pourquoi il y a du sucre dans la mayonnaise industrielle?