Lampedusa

 

Une embarcation de migrants aux alentours de Lampedusa (source: Commons)

Une embarcation de migrants aux alentours de Lampedusa (source: Commons)

Lampedusa, un nom qui jusque récemment, évoquait en moi avant tout Giuseppe Tomasi di Lampedusa, l’auteur du Guépard, dont Visconti tira un film génial. Mais Lampedusa est aussi une idyllique petite île italienne située à 205 km de la Sicile et à 167,2 km de la Tunisie, 167 petits kilomètres qui sont sa malédiction.

Cela fait en effet des mois et des années que des immigrants provenant d’Afrique tentent désespérément d’atteindre l’Europe en l’atteignant par Lampedusa, et en crèvent. Leur naufrages sont devenus tellement communs qu’ils ne font plus les gros titres, au mieux une brève, comme ici, ici, ou encore .

C’est devenu tellement commun qu’il a fallu un drame terrible pour qu’on en reparle. Quand cette embarcation de 15 mètres de long transportant 500 personnes à bord est tombée en panne, quand certains passagers ont voulu faire un feu pour alerter les secours, et ont provoqué un drame dont l’ampleur reste, à l’heure où j’écris, inconnue: 300 mors? 350? En tout cas le record de 2011, avec environ 270 morts en une fois, est battu.

Je note cette réaction politique et voudrais élaborer à son sujet: : “la Belgique «doit accueillir plus de réfugiés», selon Isabelle Durant“.

Au-delà de ce qui est un évident impératif moral, cela fait un moment que se multiplient les exemples des absurdités auxquelles aboutit la politique d’immigration de notre pays et de l’Europe. Il suffit de considérer les cas apparus ces dernières semaines, on a eu droit au chef d’entreprise expulsé, puis au brave plombier renvoyé en Afghanistan.

C’est pour moi une évidence: nous devons rouvrir les frontières. Pas nécessairement comme le suggère Durant pour accueillir des réfugiés !  Surtout de la façon dont ça fonctionne ! On dirait que nos règles absurdes ont été créées pour que les gens détestent les réfugiés ! Ils ne peuvent pas travailler, donc on doit les nourrir et les blanchir gratuitement !

Mais tout ce que ces gens qui risquent leur peau pour rejoindre le paradis européen veulent c’est travailler ! Quitte à cirer nos godasses !

Alors changeons notre fusil d’épaule.  En Allemagne déjà les jobs payés avec un lance-pierre existent, laissons ces gens entrer en Europe, ils seront ravis, malheureusement, de prendre des jobs de misère pour des salaires de famine. Mais au moins ils arrêteront de crever à nos porte !

Et que l’Europe encadre l’opération, parce qu’on parle d’une véritable opération humanitaire, ici, avec par exemple des conditions d’hébergement minimales, et ceux qui ne trouvent pas un travail employés par les autorités pour des travaux d’utilité publique (on a des routes à reboucher en Belgique !).

Ça ne vous fait pas mal au ventre? Ça ne vous rend pas malade, cette situation ignoble? J’en ai marre que sous prétexte de légalité, et sous prétexte que nous ne puissions “accueillir toute la misère du monde“, nous regardions cette tragédie se dérouler à nos portes sans rien y faire.

OUVRONS NOS FRONTIÈRES ! J’en ai marre d’avoir l’impression d’être une sorte de châtelain bien gras dans une citadelle qu’il faudrait défendre contre des hordes d’affamés !

Ce n’est pas fini !

Le Westgate Shopping Mall de Nairobi (source: Commons)

A l’occasion de l’attaque contre un centre commercial de Nairobi, je découvre, sans grande surprise, grâce à cet article publié par CNN, qu’on risque bien de voir se reproduire ce genre d’événements.

CNN rapporte les deux éléments suivants:

En mai 2011, la police allemande découvre sur une personne suspectée de terrorisme une clé USB qui, une fois analysée, révèle un fichier caché qui contient des objectifs futurs de Al-Qaïda : pirater des bateaux de croisière et en exécuter les passagers, ou reproduire en Europe des opérations du type de celles de Bombay (attaques d’hôtels et de restaurants).

En juin 2011, Fazul Abdullah Mohammed, soupçonné d’être derrière divers actes terroristes (tels les attentats de Nairobi contre l’ambassade US et de Dar es Salaam en 1998), est abattu à Mogadiscio, en Somalie. Il avait sur lui une clé USB qui contenait un document listant de futures cibles pour des attentats: le collège de Eton en Angleterre et des hôtels.

Après les attaques de Nairobi, il semble évident que la stratégie est maintenant mise en application: il s’agit de s’attaquer à ce qu’on appelle des cibles douces, c’est-à-dire des cibles qui ne sont ni militaires ni gouvernementales. Par ailleurs, les pros du renseignement relèvent une stratégie similaire: un groupe d’une dizaine d’assaillants très bien préparés qui attaquent des cibles “fermées”, ce qui rend difficile la contre-attaque par les forces de sécurité, le tout avec une préférence pour des cibles susceptibles de contenir des occidentaux et qui éventuellement représentent des intérêts occidentaux ou israéliens.

L’opération de Nairobi a été un grand succès pour les terroristes. On peut donc craindre le pire pour l’avenir.